Les ORPHELINATS en BELGIQUE

en 1904

LA FLANDRE, BRUXELLES ET LA WALLONIE
 

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À partir de cette page, vous trouvez les "orphelinats" en Belgique, comme mentionnés dans "Belgique Charitable", la nouvelle 'édition refondue et complétée de 1904 par Mme Ch. Vloeberghs (1). Nous les présentons ici par province (actuelle), et sous le nom de la commune à l'époque. Nous donnons entre parenthèses le nom de la commune actuelle dont l'endroit mentionné fait maintenant partie. Des infos d'autres sources sont écrits sur ces pages dans une autre couleur, cf. (3)

Vous trouverez ici pas uniquement des orphelinats, gérés par les instances de l'Assistance public, mais aussi les orphelinats privés, gérés le plus souvent par les congrégations religieuses. Si l'année de fondation est connu, ceci est mentionné aussi. Les orphelinats en Wallonie sont présentés en langue française ; les orphelinats en Flandre et Bruxelles, le plus souvent en néerlandais, mais nous n'avons pas traduit les noms des rues, ou les noms des congrégations, qui étaient en français à cette époque.

Pour plus d'information sur la signification du terme "orphelinat", et comment ils ont été intégrés lors de l'assistance, nous référons au liens (en néerlandais)  O.Weldadigheid (Assistance publique) et Kinderbescherming (Protection de la jeunesse).

Les développements en ce qui concerne les maisons d'enfants à partir des années '50 du siècle précédent sont décrits sur la page KB_voorzieningen.

 

 

Introduction

Certains orphelinats ont une histoire très vieille. C'est à Charles Quint - et son ordonnance du 3 janvier 1538 relative à la charité à Bruxelles - que l'on doit rapporter les premières dispositions législatives et réglementaires concernant l'entretien et l'éducation des orphelins pauvres.

La plupart date toutefois de la deuxième moitié du 19ème siècle. L'extension en Belgique du nombre des orphelinats publics et privés est considérable ; on peut évaluer à seize mille le nombre d'enfants orphelins, répartis dans 326 orphelinats (en 1919)(2). La plupart de ces établissements ont été créés par l'initiative privée. Les orphelinats privés sont répandus à peu près sur tout le territoire de la Belgique, mais ils sont incontestablement plus nombreux dans les Flandres.

On qualifie généralement d'orphelins, les protégés des orphelinats. Ces institutions recueillent, toutefois, un grand nombre d'enfants, qui ne rentrent pas dans la définition légale de ce mot, c'est-à-dire qui ne sont pas privés de leur père ou de leur mère. Ce sont, soit des enfants abandonnées, privés de toute famille, soit des enfants d'ouvriers, d'artisans qui, par suite d'une circonstance quelconque : maladie, infirmités, accidents, ne peuvent subvenir aux charges de leur famille. Ces développements se trouvent à la base de la naissance de la loi sur la protection des enfants de 1912.

 

La situation en 1904

Ces établissements recueillent surtout des protégés de l'Assistance publique. Ce sont, selon le décret du 19 janvier 1811 (le territoire de la Belgique était à cet époque annexée par la France) :
- les enfants trouvés : ceux qui, nés de père et mère inconnus, ont été trouvés exposés dans un lieu quelconque, ou portés dans les hospices destinés à les recevoir (art. 2) ;
- les enfants abandonnés : ceux qui,
nés de père ou de mère connus, et d'abord élevés par eux ou par d'autres personnes à leur décharge, sont délaissés, sans qu'on sache ce que les père et mère sont devenus et sans qu'on puisse recourir à eux (art. 5) ;
- les orphelins pauvres : ceux qui,
n'ayant ni père ni mère, n'ont aucun moyen d'existence (art. 6).

Les orphelinats reçoivent en outre des enfants qui leur sont confiés par des oeuvres privées, par des protecteurs de certaines familles, par les parents eux-mêmes. En même temps, ils constituent de petits pensionnats auxquels les familles peu aisées des environs vont confier leurs enfants. Les grandes villes ont généralement organisés elles-mêmes des établissements spéciaux pour le placement de leurs pupilles. Dans les localités de moindre importance, les bureaux de bienfaisance, auxquels incombe la charge de ces enfants en l'absence d'hospices civils, confient leurs protégés, soit à l'hospice d'une localité voisine, soit à un établissement privé. Ces divers systèmes sont d'ailleurs souvent combinés. Ils sont aussi organisés concurremment avec le placement chez un nourricier.

L'instruction primaire est donnée selon l'âge et les aptitudes des enfants. Les garçons trouvent dans un assez grand nombre d'orphelinats des ateliers d'apprentissage. Ils peuvent choisir entre les diverses professions de tailleur, cordonnier, menuisier, ferblantier, relieur, peintre, imprimeur, jardinier, etc.. L'apprentissage ne commence pas avant l'âge de 14 ans accomplis. Dans beaucoup d'établissements, pour qu'un enfant puisse commencer l'apprentissage d'un métier, il faut le consentement signé des parents ou du tuteur, et la promesse, par écrit et signée, de ne pas le retirer de l'établissement avant l'âge de 18 et parfois de 21 ans.
Les filles apprennent tous les travaux du ménage, la couture, la cuisine, la lessive, le repassage, quelquefois la coupe, la dentelle, la lingerie fine, la broderie et la tapisserie. On peut s'adresser dans tous les orphelinats de filles pour demander des servantes, bonnes, lingères, femmes de chambre, etc..

Généralement une certaine somme est payée annuellement pour l'entretien de l'enfant. Cette somme est très minime, variant généralement entre cent cinquante et trois cent francs par an. Elle est, dans la plupart des cas, insuffisante pour assurer l'entretien complet de l'enfant. Si l'établissement ne dispose de quelques ressources, il doit compter sur le produit du travail de l'enfant, lorsque celui-ci aura atteint un certain âge. Dans d'autres cas, les enfants sont placés moyennant paiement d'une somme fixe, une fois donnée, établie d'après l'âge de l'enfant au moment de son entrée à l'orphelinat et à condition que celui-ci y reste jusqu'à un âge déterminé, par exemple dix-huit ou vingt et un ans. Ainsi l'enfant est d'abord entièrement à charge de l'établissement pendant les premières années de son placement, charge qui diminue à mesure qu'il avance en âge et que son travail devient profitable. L'organisation de semblable travail a l'avantage de constituer une occupation par l'enfant qui y est placé. Pourvu que l'organisation du travail est approprié aux forces de l'enfant, à son âge, à ses aptitudes et organisé de telle façon qu'il soit éducateur pour lui, ça lui met en état d'exercer un métier ou une profession.  

A leur sortie, les orphelins, garçons ou filles, reçoivent un trousseau et une petite somme à titre de gratification.  

Les conditions de fonctionnement de ces institutions sont fort diverses : les ressources sont différentes selon les endroits. Parmi les ordres religieux qui les desservent certains ont des ressources importantes, d'autres ne vivent que du produit de la charité privée.
La plupart des orphelinats ont été gérés par les congrégations religieuses. Mais aussi les orphelinats, qui ont été gérés par l'administration des Hospices civils sont le plus souvent desservis par un personnel religieux.

 

 
(1) Ludovic Saint-Vincent, Belgique Charitable, nouvelle édition refondue et complétée par Mme Ch. Vloeberghs, Albert Dewit, Editeur, 1904

(2) Henri Velge, La Protection de l'Enfance en Belgique, son passé - son avenir, Bruxelles, 1919

(3) Autres sources qu'on a utilisé pour completer en cette couleur les informations sur les pages des orphelinats dans les provinces diverses :
Archief Zusters van Liefde : http://www.archief-museum.zvl.org/

 

Erik Zwysen, 5 februari 2005
Laatste aanpassing 01 juli 2010